En ce mercredi 28 novembre 2012, le tribunal oral fédéral de Buenos Aires juge pour la première fois « les vols de la mort », des exactions commises durant la dictature argentine de la fin des années 1980.

Les faits ont eu lieu entre 1976 et 1983, à l’époque de la dictature argentine et pour la première fois, « les vols de la mort » vont être jugés au tribunal oral fédéral de Buenos Aires.

Les « vols de la mort » sont des exactions commises entre les murs de l’ex-Ecole de mécanique de la marine (ESMA) en Argentine : le régime dictatorial alors en place prenait soin d’écarter tous ses opposants en les droguant puis en les jetant à la mer. Certains étaient encore vivants. Ces pratiques ont causé la perte de 30.000 personnes.

En cause dans cette affaire, Julio Poch, pilote de la compagnie aérienne néerlandaise Transavia arrêté en 2009 en Espagne et extradé vers l'Argentine.  Il est directement impliqué –avec sept autres personnes- de ces « vols » et est soupçonné d’avoir provoqué la mort de quarante-et-une personnes parmi lesquelles les religieuses françaises Alice Domon et Léonie Duquet.

Ce retour dans le passé a été possible grâce à un classeur remis par la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) à la justice argentine en fin d’année 2011. Il contenait 130 photographies de cadavres retrouvés sur les côtes de l’Uruguay entre 1976 et 1978. L’origine argentine des corps a pu être avérée grâce à la présence dans les poches des victimes de billets argentins ou d’étiquettes de vêtements. Il a été constaté que les mains et les pieds étaient toujours liés par des câbles ou des ficelles.

Pour parvenir à condamner les responsables, le procès durera au moins deux ans et se tiendra trois jours par semaine.