Mercredi 25 avril, plusieurs journalistes de Cumhuriyet, un quotidien opposé à la politique d’Ankara, ont été condamnés à des peines de prison ferme de deux à huit ans pour leur soutien à des organisations « terroristes ».

Au total, dix-sept membres de l’équipe du journal turc sont concernés par cette affaire qui suscite de grandes inquiétudes sur les droits et la liberté de la presse sous la présidence autoritaire de Recep Tayyip Erdogan.

Akin Atalay, le numéro un de Cumhuriyet qui comparaissait en détention préventive, a écopé d’une peine de plus de huit années de prison.

Murat Sabuncu, le rédacteur en chef, ainsi que la Ahmet Sik, journaliste d’investigation, ont été condamnés à sept ans et demi de prison.

Parmi les treize prévenus qui comparaissaient libres, trois ont été acquittés.

Au cours du procès, une mesure de remise en liberté conditionnelle permet aux condamnés de ne pas être écroués avant la procédure d’appel.

La justice turque reproche à Cumhuriyet d’avoir collaboré avec Fethullah Gülen, un prédicateur dans le collimateur d’Ankara.

Le journal est aussi accusé d’entretenir des liens avec le Parti des travailleurs de Kurdistan (PKK).

Me Fikret Ilkiz, l’un des défenseurs de l’organe de presse, avait déclaré au cours de sa plaidoirie « dans cette affaire, des journalistes sont accusés d’avoir fait du journalisme. L’existence même de « Cumhuriyet » est perçue comme un crime », avant d’ajouter « l’accusation n’a aucune preuve ».

Cumhuriyet, qui critique régulièrement l’action du président Erdogan, qualifie toutes ces accusations « d’absurdes », et cette procédure ne servirait qu’à museler ce journal indépendant, parmi les derniers en Turquie.

Dans la soirée qui a suivi l’annonce de ce jugement, le quotidien titrait « Vous aurez honte devant l’Histoire ».

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