Yvan Colonna, condamné à la réclusion à perpétuité définitive pour l’assassinat du préfet de Corse à Ajaccio, Claude Erignac. La Cour de cassation a annoncé ce mercredi le rejet du pourvoi de l’accusé. Ses avocats saisissent la Cour européenne des droits de l'Homme.

La Cour de cassation a annoncé mercredi le rejet du pourvoi d'Yvan Colonna. Condamné à la réclusion à perpétuité le 13 décembre 2007 devant la cour d’assises spéciale de Paris, il fait appel. S’en suit alors un feuilleton médiatique avec l’ouverture du procès en appel, deux ans plus le 9 février 2009. Le 13 février, un ancien collaborateur du préfet Erignac, Didier Vinolas, évoque l'existence de deux suspects possibles en liberté.

Le 27 mars 2009, la cour condamne Yvan Colonna à la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. L’accusé se pourvoit en cassation.

Colonna est donc jugé une troisième fois. Le procès s’ouvre le 2 mai 2011. Deux jours plus tard, il déclare n'avoir «jamais tué» personne. Le 20 juin, il est condamné pour la troisième fois à perpétuité. Jugé pour l'assassinat de Claude Erignac et pour l'attaque quelques mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée,la Cour motive sa décision sur quatre pages, notamment par les mises en causes réitérées des autres membres du commando et de leurs épouses. Il se pourvoit à nouveau en cassation.

Acte final, le 11 juillet 2012. La Cour de cassation rejette le pourvoi d'Yvan Colonna et annonce sa condamnation définitive à la réclusion à perpétuité. Me Spinosi avait prévenu que si la Courde cassation annonçait la condamnation de Colonna, sa défense en appellerait à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), une procédure qui pourrait cependant prendre « quatre à cinq ans ».

Le 6 février 1998, le préfet de Corse Claude Erignac, est tué de trois balles dans les rues d’Ajaccio. L’assassinat est revendiqué par un groupe anonyme quelques jours plus tard etmentionne l'utilisation d'une arme volée lors d'une attaque de gendarmerie, en septembre 1997 à Pietrosella. L’année suivante, ce sont quatre hommes qui sont arrêtés et passent aux aveux. Un mandat d’arrêt est lancé contre Yan Colonna, accusé d’être le tireur. Le 4 juillet 2003, après une cavale de quatre ans, Colonna est arrêté dans le maquis corse.

Le berger de Cargèse, qui a toujours clamé son innocence, est incarcéré depuis 2011 dans le Var, à Toulon, après avoir passé huit années à la prison de Fresnes.