Le 08 avril dernier, la Coordination des Chrétiens d’Orient (Chredo), par le biais de son président Patrick Karam, a décidé de faire appel du jugement du tribunal de grande instance de Paris qui a déclaré irrecevable son action contre la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP). En cause ? L’absence d’une mention solidaire sur les affiches publicitaires dans le métro en faveur de concerts pour les Chrétiens d’Orient, pourtant accordée par la suite.

Tout part pourtant d’une bonne cause. Face à la barbarie dont sont victimes les Chrétiens d’Orient, la Chredo a décidé d’organiser un concert de solidarité avec le groupe musical « Les Prêtres » sous le haut patronage de Monseigneur Di Falco, Evêque de Gap et d’Embrun. Des affiches sont présentes dans le métro. Sauf que la mention initialement prévue « au bénéfice des Chrétiens d'Orient » n’apparait pas, refusée, dit-on, par la RATP. C’est le début de la polémique qui conduira la Chredo et l’ensemble de la communauté chrétienne à accuser la régie parisienne d’une mauvaise utilisation de son devoir de neutralité.

Début avril, la Chredo porte plainte contre la RATP et, bien que le service de transport parisien ait déjà fait marche arrière et accepté la mention concernant les Chrétiens d’Orient, elle maintient son action en référé devant le tribunal de grande instance de Paris, pour donner l’exemple. Le 13 avril, celui-ci jugera cependant irrecevable l’action de la Coordination des Chrétiens d’Orient. L’association a rapidement annoncé qu’elle ferait appel. De son côté, la RATP a rappelé sa décision d’apposer gracieusement la mention « concert pour les chrétiens d’Orient, les bénéfices de ce concert seront reversées à l’œuvre d’Orient » sur 250 affiches dans le métro parisien du 14 au 20 avril.  

Une erreur de Métrobus

Sous le feu des critiques, la RATP tente de faire bonne figure. Ce n’est pourtant pas elle qui a refusé d’appliquer cette mention mais bien la société Média Transports, par le biais de Métrobus. En effet, c’est cette dernière qui exploite et gère la publicité pour le compte de l’entreprise publique. Fondé en 1947 par Havas et Publicis, Métrobus appartient aujourd’hui à hauteur de 66 % au groupe Publicis, le dernier tiers appartenant au groupe JCDecaux. Ce n’est donc pas la régie parisienne qui refuse la pose de certaines indications ou de publicités au nom de principes qui peuvent parfois effectivement désorienter.

Ce n’est de plus pas la première fois que la régie publicitaire refuse de faire passer un message dans les couloirs du métro, sans consulter la RATP. Parmi les victimes de Métrobus, les affiches d’évènement où l’on voit une personne fumer. Ainsi « Gainsbourg, vie héroïque », « Coco avant Chanel » mais aussi l’exposition consacrée au cinéaste Jacques Tati s’étaient vu sanctionnées en raison de la présence d’une cigarette ou d’une pipe dans le cas de Monsieur Hulot. Stéphane Guillon en 2012 en avait fait les frais avec son titre de spectacle : « en avril 2012, Stéphane Guillon s’en va aussi », allusion à peine voilée aux élections présidentielles.