Le mardi 30 avril, le tribunal de Madrid a statué en faveur d'une peine d'un an de prison pour le docteur Eufemiano Fuentes, accusé de « délit de santé publique ». En Espagne, les peines inférieures à deux ans de prison ne mènent pas à la détention.

Le procès d'Eufemiano Fuentes devait servir d'exemple pour « laver l'image du sport espagnol » selon les dires de Rosa Calvo, procureure de Madrid mais «  la peine exemplaire » n'a pas été requise contre le docteur, pourtant à la tête d'un vaste réseau de dopage jusqu'à son démantèlement en 2006.

Un dénouement décevant pour l'Agence mondiale antidopage (AMA) et le Comité International olympique (CIO) qui attendaient beaucoup de ce procès. Jacques Rogge, président du Comité, avait jugé le bilan de l'opération «  Puerto » « très frustrant », les noms des clients de Fuentes n'ayant pas été divulgués et le professionnel de santé, n'ayant été incriminé que pour «  délit de la santé publique » et non pour dopage en raison de l'inexistence de ce chef d'accusation en Espagne à l'époque des faits.

Une sanction légère qui vise à éviter le séisme. Si la peine avait été plus lourde, Fuentes aurait été tenu de révéler les noms de ses clients comme il semblait vouloir le faire en début de procès : « Evidemment, j'ai eu d'autres sportifs comme clients : athlètes, joueurs de tennis, footballeurs, joueurs de handball, boxeurs…, avait-il révélé. J'ai travaillé avec plusieurs clubs de première et deuxième division espagnols. J'ai travaillé avec plusieurs clubs en même temps, parfois directement avec les footballeurs eux-mêmes, parfois en partageant mes connaissances avec les médecins des équipes. »

Un obstacle scrupuleusement contourné par la magistrate Julia Patricia Santamaria, en charge du dossier pendant les deux mois d'audience.

Toutefois, certains clients pourraient être inquiétés : le docteur Fuentes serait prêt à dissiper le doute auprès des médias pour percevoir leurs offres financières et se sortir d' « une situation économique précaire ».