Marine Le Pen va devoir faire face à la justice. Jusqu'alors protégée par l'immunité que lui confère son statut de députée européenne, la présidente du FN sera entendue par le parquet de Lyon dans le cadre d'une enquête pour incitation à la haine raciale.

 

Le Parlement européen a pris sa décision concernant Marine Le Pen et a levé son immunité parlementaire. Les eurodéputés ont suivi l'avis de leur commission juridique, qui s'était largement prononcée en ce sens lors d'un vote à huis clos. La députée répondra donc aux accusations du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples (MRAP).

La plainte de l'association est relative aux propos tenus par Marine Le Pen en 2010 dans lesquels elle établissait une comparaison entre les prières musulmanes dans la rue et l'occupation française sous la seconde guerre mondiale. « Très clairement comme en 1940, certains croient se comporter dans la France de 2010 comme une armée d'occupation dans un pays conquis » a-t-elle déclaré lors de la polémique sur les « apéros saucisson-pinard ».

Une décision contestée par le FN

 

La décision est qualifiée par le FN d'une preuve de la « crainte croissante de l'oligarchie face à l'irrésistible montée en puissance d'un mouvement patriote qui porte haut et fort la parole du peuple et propose de réelles solutions aux problèmes des Français ».

Pour M. Gollnish, aux côtés de Marine Le Pen lors de l'annonce de la décision, il est regrettable qu'elle n'ai pu s'expliquer sur le fond de ses dires devant les autres parlementaires. Le fait est que la principale intéressée aurait refusé par trois fois de se rendre devant la commission des affaires juridiques afin de défendre son cas. Mme Le Pen n'a donc pas eu de réaction particulière à l'annonce de la décision du parlement européen. « Je m'en fiche » a-t-elle déclaré sur LCI plus tard, ajoutant qu'elle maintenait les propos pour lesquelles elle est poursuivie.

Un FN censuré au Parlement européen ?

Le FN est visiblement abonné aux levées d'immunité parlementaire. Marine Le Pen n'est pas un cas à part. Bruno Gollnisch, autre eurodéputé du FN, a été privé à deux reprises de son immunité après des propos qui avaient donné lieu à des poursuites en France. En 1998, Jean-Marie Le Pen avait, lui aussi, été visé par cette procédure après avoir déclaré que les chambres à gaz nazies étaient « un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale ».