Le NPD, le parti néo-nazi allemand, a décidé de saisir la haute cour du pays pour devancer une possible procédure d’interdiction à son encontre. La Cour Constitutionnelle est le seul organe pouvant décréter une telle interdiction dans le pays.

Holger Apfel, actuel président du NPD, a déclaré avoir « déposé une requête devant la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe » afin que les juges déclarent que le parti néo-nazi « n’est pas l’ennemi de la Constitution, ni contraire à la Constitution ».

Cette saisine fait suite à la volonté des ministres de l’Intérieur des Etats régionaux du pays de faire interdire le NPD. L’annonce d’une telle procédure avait été faite en mars dernier. Pour M. Apfel, « on porte atteinte aux droits du NPD ».

Ce devrait être en fin d’année que les ministres qui avaient exprimé cette volonté d’interdiction du parti devraient se prononcer sur une éventuelle demande d’interdiction du parti. M. Apfel a donc anticipé la chose dans le but de stopper la procédure sur le naître.

Les ministres ont annoncé de leur côté ne pas accélérer les temps : « Nous avons un calendrier fixé et nous nous y tenons » ont-il fait savoir par le biais d’un porte-parole du ministère de l’intérieur.

Ce n’est pas la première fois que le NPD est menacé d’interdiction alors qu’il existe depuis 1964 et qu’il a reçu 1,5% des suffrages lors des dernières sélections législatives fédérales en 2009. Il n’a d’ailleurs jamais réussi à obtenir un siège à la chambre basse du Parlement, un minimum de 5% des voix étant requis.

En 2003, la première tentative menée à l’encontre du NPD et visant son interdiction a échoué à cause de la présence d’agents de renseignement infiltrés dans le parti. La Cour Constitutionnelle avait alors déclaré que ce détail donnait naissance à un problème juridique qu’il n’était pas possible de résoudre.