L’homme politique Oleksandr Klymenko a remporté son procès pour diffamation contre Ihor Bilous, responsable du fisc en Ukraine. Ce dernier avait notamment accusé dans la presse M. Klymenko d’avoir « détruit les services de douanes au fil des années » lorsqu’il occupait le poste de ministre des Finances publiques. Une accusation répétée à trois reprises dans des journaux ukrainiens entre mai et septembre 2014.

La cour de Pechersk (Kiev) s’est finalement prononcée en faveur d’Oleksandr Klymenko, actuellement en exil volontaire en Russie. L’ancien ministre du président Ianoukovitch n’est pas rentré à Kiev depuis plusieurs mois de peur que le nouveau pouvoir en place ne vienne à l’attaquer pour des motifs uniquement politiques. La condamnation de Ihor Bilous pour diffamation pourrait rassurer le désormais ex-homme politique même si en Ukraine, la menace d’un procès monté dans des circonstances troubles est toujours possible.

M. Klymenko a par ailleurs fait savoir qu’il n’avait rien contre les médias qui ont relayé les propos du numéro un du fisc ukrainien, mais demande aux journaux de « vérifier la véracité des informations qu’ils délivrent avec plus d’attention ». Un appel est possible jusqu’au 6 février prochain. Oleksandr Klymenko, lui, ne compte peut-être pas en rester là puisqu’il pourrait lancer une action en justice contre les sanctions économiques occidentales qui le touchent.

Pour l’ancien responsable public il ne s’agit que d’une « purge politique » qui vise des hommes qui ont pourtant parfois pris des risques pour mener des réformes (fiscales) nécessaires pour moderniser le pays et le sortir de l’état de corruption endémique dans lequel il est plongé. Une plainte pourrait être adressée auprès de la cour de Justice européenne pour le faire retirer de la liste des hommes politiques sanctionnés. Une liste établie dans des conditions non satisfaisantes et qui ne permet pas aux personnes désignées de s’expliquer et bénéficier d’une liberté propre à tous les citoyens.

Du futur démocratique de l’Ukraine dépend en grande partie l’indépendance de la justice. Une donnée importante que tous analyseront dans les prochains mois.