À partir du 1er juillet, « l'Europe à 27 » devient « l'Europe à 28 ». Dix ans après avoir entamé les négociations, alors que l'Union européenne traverse une des pires crises de son histoire, la Croatie fait son entrée dans l'Union. Elle devient officiellement le 28ème membre et le deuxième pays de l'ex-Yougoslavie à rejoindre l'UE.

Déposée officiellement en février 2003 par le gouvernement d'Ivica Racan, la demande d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne a été acceptée et entre en vigueur le 1er juillet, dix ans après d'âpres négociations.

Un petit pays qui rejoint l'Union Européenne

 

La Croatie représente 1,26% de la superficie de l'Union européenne à 28, 0,33% de son PIB et 0,86% de la population européenne. « À l'échelle de l'Union, le pays est relativement pauvre », rappelle Pierre Verluise, directeur de recherche à l'IRIS et auteur de Géopolitique des frontières européennes. Élargir jusqu'où ?. Mais « à l'échelle régionale des Balkans occidentaux, la Croatie fait plutôt figure de pays enviable » ajoute le chercheur.

Forte d'un marché de près de 4,4 millions d'habitants, la Croatie a connu, jusqu'en 2008, « une période de forte croissance économique fondée sur le dynamisme de son tourisme et une consommation des ménages largement financée à crédit grâce aux capitaux étrangers », rappelle une note de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Mais la crise a marqué un coup d'arrêt à la croissance croate et, comme une partie de ses voisins européens, le pays est entré en récession en 2009, année marquée par un recul de 6,9% de son PIB.

Que diable va-t-elle faire dans cette galère ?

 

La question de savoir ce que va faire la Croatie dans l'Union européenne, qui entame sa cinquième année de crise économique, est légitime.

Avec la crise, « la consommation, principal moteur de la croissance croate, a fortement chuté, ainsi que l'investissement et les flux d'IDE […] Les principaux partenaires commerciaux que sont l'Union européenne (qui représente 61,3 % du commerce extérieur) et la Bosnie-Herzégovine (6,7 %) ayant été durement touchés par la crise, la Croatie a pâti de la contraction de la demande extérieure », indique l'OFCE.

La Croatie devra par ailleurs faire face à une concurrence d'autant plus accrue que le marché européen est vaste. Dans un article paru sur Presseurop, Branko Podgornik rappelle qu' « en rejoignant le marché unique européen et ses 500 millions de personnes, l'économie croate va devoir faire face à une concurrence plus sévère. Économistes et dirigeants politiques ne cachent pas que cela sera l'un des principaux défis pour l'économie nationale – un défi auquel certains se sont bien préparés, d'autres moins ».

En rejoignant l'UE, la Croatie va perdre les privilèges douaniers de l'ALECE (Accord de libre-échange centre européen) avec la Bosnie-Herzégovine et la Serbie, qui représentaient respectivement 12% et 4% des exportations croates en 2011. Pour l'OFCE, « cela devrait se traduire par des délocalisations d'entreprises croates vers les pays frontaliers, et donc par des pertes d'emplois ».

Tourisme, investissement et aides européennes

 

Mais l'entrée dans la zone de libre-échange européenne devrait cependant apporter des bénéfices à la Croatie : la libre circulation des personnes et la diminution de la taxe touristique, qui devraient rendre le tourisme croate encore plus compétitif. Les salaires bas du pays pourraient également attirer les investisseurs européens, et les aides européennes, qui devraient avoisiner les 400 millions d'euros en 2013, pourront enfin gonfler les caisses de l'État qui souffrent de l'endettement. Le pays devra cependant faire des efforts en matière de corruption, encore très présente en Croatie où les flux financiers illégaux sont parmi les plus importants des pays émergents en Europe.

 

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