Mercredi 22 avril, le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, a annoncé une nouvelle plutôt inquiétante : un homme projetant de commettre un attentat contre une ou deux églises de la banlieue parisienne a été interpellé dans des circonstances fortuites.

 

 

Un suspect connu des services de police

 

                Les attentats en question devaient avoir lieu dimanche 19 avril.  Le principal suspect s’appelle Sid Ahmed Ghlam. C’est un Algérien de 24 ans, étudiant en électronique à Paris. Il est aussi impliqué dans le meurtre d’Aurélie Châtelain, une professeure de fitness, retrouvée morte dans sa voiture le 19 avril à Villejuif. Le casier du suspect ne fait état d’aucune condamnation, son nom apparait dans une seule procédure pour des faits de violence volontaire datant d’août 2013.

 

Néanmoins, le jeune homme était connu des services de renseignements. En effet, en 2014, il a manifesté son désir de rejoindre la Syrie. De plus il a aussi disparu une semaine en Turquie en février 2015. Mais selon Bernard Cazeneuve, « rien ne permettait de justifier l’ouverture d’une information judiciaire ». Le suspect faisait toutefois l’objet d’une fiche de sûreté qui implique une surveillance policière « sans attirer l’attention ».

 

Les conditions de l’interpellation de Sid Ahmed Ghlam pourraient presque nous faire sourire si le sujet n’était pas si grave. Dimanche 19 avril, vers 8 heures le SAMU a reçu un appel décrivant un homme blessé par balle à la cuisse. Comme le veut la procédure le SAMU prévient alors la police qui retrouve un véhicule garé non loin dans lequel sont cachés une kalachnikov, une arme de poing, un gilet pare-balles et des munitions. Le blessé reconnait alors être le propriétaire du véhicule, c’est notre suspect.

 

Cinq attentats déjoués depuis janvier

 

                Interrogé dans la matinale de France Inter du jeudi 23 avril, le premier ministre, Manuel Valls, a déclaré que depuis les attaques de janvier, « de nombreux attentats ont déjà été déjoués, cinq compte tenu de l’attentat qui heureusement n’a pas eu lieu à Villejuif ». « La menace n’a jamais été aussi importante, nous n’avons jamais eu à faire face à ce type de terrorisme dans notre histoire » a rajouté le chef du gouvernement.

 

Durant cette émission, Manuel Valls a dû expliquer pourquoi aucune information judiciaire n’avait été ouverte. Il a alors saisi l’occasion qui lui était donné de défendre la loi sur le renseignement qui doit être soumise au vote de l’Assemblée nationale le 5 mai prochain. Selon le premier ministre, ce texte qui « encadre pour la première fois nos services de renseignement permettra de leur donner les moyens d’être le plus efficace possible » même si, Manuel Valls l’a reconnu, cela ne « peut empêcher à cent pour cent un attentat ».

 

 

                Cette arrestation et l’intervention du premier ministre pose une question : est-il nécessaire de rendre toutes ces informations publiques ? Cela ne va-t-il pas seulement semer la terreur dans la population ? Ou bien le but premier est-il de faire passer une loi qui est très controversée ?