Une plainte pour « complicité d’assassinat » vise Michèle Alliot-Marie


Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de la Défense, est visée par une plainte dans le cadre du bombardement du 6 novembre 2004 en Côte d’Ivoire qui avait fait dix morts dont neuf soldats français.

Ce sont les familles des militaires français tués, par le biais de leur avocat, Me Jean Balan, qui ont déposé cette plainte. Mme Alliot-Marie est accusée « d’entrave à la justice » ayant, d’après les plaignants, essayé de « saboter l’action de la justice afin d’éviter, à tout prix, que la vérité ne soit connue ».

Déposée à la Cour de justice de la République, cour compétente dans les affaires visant à juger des crimes et délits commis par les ministres dans le cadre de leurs fonctions respectives, cette plainte concerne un bombardement ayant eu lieu à Bouaké, en Côte d’Ivoire, le 6 novembre 2004.

Mené par les forces loyales au régime alors en place, ce bombardement avait tué neuf militaires français et un militaire américain, ainsi que blessé 38 autres soldats. En guise de riposte, l’armée française avait attaqué l’aviation de la Côte d’Ivoire ce qui avait causé diverses manifestations de protestation antifrançaises dans la capitale, Abidjan.

Un scandale avait éclaté en 2006 après des révélations concernant huit biélorusses. Ces derniers, arrêtés par les forces de l’ordre du Togo dans les jours suivant l’attaque, auraient été libérés par les forces de l’ordre françaises à qui ils ont été remis à cause de l’absence « de base juridique, puisque pas de mandat d’arrêt international » avait déclaré l’ancienne ministre entendu en 2010 dans le cadre de l’affaire. Deux de ces huit biélorusses auraient été des pilotes.

D’autres slaves, reconnus par des témoins comme ayant été des mécaniciens et des pilotes, avaient été arrêtés et relâchés par les autorités françaises le jour suivant le bombardement pour la même « impossibilité juridique ». « Il pouvait être intéressant de connaître leur statut et leurs activités », a déclaré Mme Alliot-Marie, mais « aucune base juridique ne le permettait ».

L’ordre de libération avait néanmoins été commenté par le général Poncet, chef de la force Licorne dont la base a été l’objet du bombardement, qui avait partagé son incompréhension vis-à-vis de cet ordre de libération.

La plainte visant Mme Alliot-Marie fait suite à la procédure contre X, ouverte depuis 2005 pour assassinat et tentative d’assassinats, dans le cadre de laquelle l’ancienne ministre de la Défense a été entendue à diverses reprises.