Le mardi 20 novembre, Arnaud Montebourg et Eva Joly étaient appelés à la barre du tribunal de Paris à l’occasion d’un procès en diffamation intenté contre eux par Florence Woerth.

C’est en juin 2010 que la femme d’Eric Woerth, Florence, a porté plainte contre Arnaud Montebourg et Eva Joly pour diffamation à la suite de la parution dans l’Express et Mediapart de l’un de leurs entretiens.

Montebourg et Joly y faisaient part de leurs suspicions concernant la participation de l’épouse Woerth à la fraude fiscale de la société qu’elle dirigeait, Clymene, alors qu’elle était sous les ordres de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune  de Liliane Bettencourt.

Pour faire valoir sa position, Montebourg a, lors de l’audience, fait citer à la barre un détective privé qui avait enquêté dans les milieux bancaires suisses et avait ainsi affirmé que Mme Worth s’était régulièrement rendue en Suisse de 2008 à 2009 alors qu’elle assurait n’y avoir été qu’à deux reprises à cette période. Des affirmations jugées être un « faux témoignage » selon l’avocat de Florence Woerth.

Le ministre du Redressement productif, maintenant sa version des faits, s’est dit « en droit de [s’]interroger sur le caractère grave des agissements de ce couple, de [se] poser de graves questions sur leur honnêteté et [qu’il ne parlait] pas d’honnêteté intellectuelle. »

Quant aux accusations de diffamation basées sur les propos d’Eva Joly dans un entretien publié dans Mediapart, elles portent sur  la responsabilité du journal dans l’accentuation du « caractère diffamatoire » par le journaliste en charge de l’interview, Stéphane Alliès.

La plaignante réclame 50.000 euros de dommages et intérêts estimant avoir été « ridiculisée, humiliée, utilisée politiquement pour nuire à son mari. »

L’ensemble des prévenus ont été relaxés.