DSK : les dessous du « Carlton de Lille »

Le 21 février 2012, l’ancien directeur du Fonds monétaire internationale (FMI), Dominique Strauss-Kahn, était placé en garde vue pour « complicité de proxénétisme » et « recel d’abus sociaux ». Il était notamment accusé d’avoir participé à plusieurs parties fines entre Paris et Washington en compagnie de prostituées. Un mois plus tard, DSK était mis en examen pour «  proxénétisme aggravé en bande organisée ». En dépit du non-lieu requis par le parquet de Lille le 11 juin dernier, l’ancien ministre socialiste et douze autres personnes ont été renvoyés en correctionnelle le 26 juillet dernier. Retour sur la saga du “Carlton de Lille”. 

26 mars 2012. Près d’un an après le scandale du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn est à nouveau au cœur d’une sombre affaire. Mis en examen pour «  complicité de proxénétisme » et « recel d’abus de biens sociaux », l’ancien patron du FMI est enjoint de prouver aux juges d’instruction qu’il ignorait la présence de prostituées aux  nombreuses parties fines auxquelles il participait en Belgique, à Paris et à Washington.

Le parquet de Lille requiert un non-lieu…

Plus d’un an plus tard, le 11 juin dernier, le procureur de Lille requiert un non-lieu en faveur de DSK, arguant l’inexistence de « charges suffisantes » et encourageant les juges d’instructions à s’en tenir à des considérations juridiques et non morales.

Mais le 26 juillet dernier, les magistrats instructeurs ont choisi d’aller à l’encontre des réquisitions du parquet et ont renvoyé l’ancien ministre socialiste, ainsi que douze autres personnes, en correctionnelle pour «  proxénétisme aggravé en réunion ».

Selon Me Richard Malka, l’un des avocats de DSK,  « Ce n'est pas une surprise. Nous ne nous faisions aucune illusion sur l'acharnement dont feraient preuve les magistrats instructeurs contre notre client. Cette décision repose sur une analyse idéologique et morale, mais certainement pas sur des bases juridiques.» « Nous démontrerons devant le tribunal correctionnel que c'est une aberration totale. »

Toutefois, le juriste certifie que son client et lui iront « sereinement devant le tribunal correctionnel pour démontrer l’absurdité et l’aberration de ce grief de proxénétisme aggravé ».