Depuis que le Crédit Mutuel Arkéa a manifesté sa volonté de quitter sa maison mère, le Crédit Mutuel, la banque a connu bon nombre de déconvenues. Entre refus des autorités de régulation, prises de position hostiles des syndicats et révélations sur les méthodes douteuses utilisées par l’équipe de direction, retour sur un parcours pour le moins périlleux.

C’est en 2015 que la filiale bretonne du Crédit Mutuel dévoile son projet d’indépendance, s’en suit alors une manifestation à Brest en faveur de celui-ci. Le premier couac intervient l’année suivante, en 2016, lorsque la Banque de France et le Trésor se prononcent contre le projet d’indépendance de la banque.

Un peu moins d’un an plus tard, en 2017, la Banque Centrale Européenne (BCE) impose à Arkéa des mesures prudentielles supplémentaires (+ 2 points de fonds propres) en raison des risques associés à son projet de désaffiliation. Une décision dénoncée dans la foulée par Arkéa devant la Cour de justice européenne, tout comme le contrôle prudentiel du groupement régional par la Confédération Nationale du Crédit Mutuel.

En janvier 2018, nouvelle déconvenue : l’agence de notation financière Standard & Poors annonce la probable dégradation de la note d’Arkéa de deux crans en cas de sécession.

Au mois d’avril suivant, la banque bretonne annonce que ses caisses locales se sont prononcées à plus de 90 % en faveur de l’indépendance d’Arkéa. Problème, les conditions dans lesquelles s’est tenu ce scrutin sont douteuses et critiquées (vote à main levée et non à bulletins secrets, etc.), à tel point que celui-ci est jugé « non démocratique ».

Le même mois, la Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel se prononcent une nouvelle fois contre le projet d’indépendance d’Arkéa.

Dont la direction incite ses salariés, en octobre 2018, à aller manifester en faveur de l’indépendance de la banque à Paris. Un événement singulier dont l’organisation fait couler beaucoup d’encre dans la presse française, qui révélera notamment que les salariés présentés comme « volontaires » ne l’étaient pas vraiment, ces derniers ayant été rémunérés et ayant subi des pressions pour se rendre à Paris.

Depuis cette date, les jours se suivent et se ressemblent pour les dirigeants d’Arkéa qui collectionnent les écueils. Les derniers en date : le rejet de tous les pourvois formulés par Arkéa auprès de la Cour de justice européenne en 2017, concernant l’augmentation de fonds propres décidée par la BCE et le contrôle prudentiel du groupement régional par la Confédération Nationale du Crédit Mutuel, ainsi que la recapitalisation en urgence de la filiale d’assurance-vie de la banque bretonne, Suravenir, au bord du précipice.

« L’affaire Arkéa », comme certains journalistes l’appellent désormais, est inédite, car complètement nouvelle. Il n’existe aucun cadre légal prévu pour encadrer ce type de procédés. Dès lors, quelle qu’en soit l’issue, nous assisterons à la naissance d’un précédent qui servira, à l’avenir, de base juridique permettant de réguler des affaires similaires s’il s’en présente.

Arkea

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