Frédéric Peters de nouveau condamné pour harcèlement contre Vivastreet

Le bras de fer judiciaire sans fin entre Frédéric Peters, entrepreneur belge, et Vivastreet, l’un des fleurons de l’économie numérique tricolore, vient de connaitre un nouveau rebondissement. Fin septembre, un énième acte s’est achevé avec une nouvelle condamnation par la justice belge de Monsieur Peters, cette fois-ci à 24 mois de détention ferme et 15.000 euros au Civil, complétés d’une amende de 800 euros au Pénal. Il avait déjà écopé, le 16 Mars 2018, de 47 mois de détention ferme pour ses actions de tentative d’extorsion, hacking, diffamation et harcèlement contre le même site. Ses victimes craignent une énième récidive.

 

Le pot de terre contre le pot de fer

Selon le dernier jugement, cela fait des années que Frédéric Peters harcèle « plus que gravement » Vivastreet et son fondateur, Yannick Pons. Remontons le temps. Il y a une quinzaine d’années, un pot de terre – petitesannonces.be – voit arriver sur le marché outre-Quiévrain le pot de fer français Vivastreet. Frédéric Peters, le fondateur du site belge, arrête son exploitation en 2012, la redémarre en 2013 et, 15 jours plus tard, commence à harceler Vivastreet en l’accusant de concurrence déloyale avec demande de « dédommagement ». Pour faire entendre sa cause, l’homme parvient, dans un premier temps, à susciter l’intérêt des médias. A en croire Me Etienne Wéry, avocat de l’entreprise française, il aurait ainsi « suggéré » à de nombreux médias français la publication d’articles associant Vivastreet et prostitution.

Pourtant, dès 2007, une expertise judiciaire dans une autre affaire, moins médiatisée, vient nuancer ce rôle de victime. Frédéric Peters y est décrit comme un homme « d’une susceptibilité excessive », témoignant « d’une trop grande rigidité mentale », aux « mécanismes obsessionnels (…) et ruminations mentales. » Et le diagnostic psychiatrique tombe : Frédéric Peters « rumine des plans et théories paranoïdes. » A l’époque, la Justice le condamne déjà à 12 mois de prison avec sursis.

 

Plus gros hacking belge

Calomnie, manipulation, construction de fausses informations et spamming, mais surtout tentative d’extorsion de fonds (500.000 euros) et vol de données informatiques font partie des griefs que la Justice retient aujourd’hui une nouvelle fois contre lui. Pas une première :  en 2014, de son propre aveu, il dérobe jusqu’à vingt-huit millions de données d’utilisateurs de Vivastreet, soit la plus grosse affaire de hacking jamais traitée par la justice belge. Sans compter les courriels, sms ou appels téléphoniques qu’il adresse en flux constant, jusqu’à plusieurs fois par jour, à Vivastreet mais aussi aux journalistes, instances judiciaires, associations telles que le Mouvement du Nid, mobilisé contre le « système prostitueur », qu’il se vante d’avoir convaincu d’attaquer Vivastreet. Le tout en mêlant violences et menaces, notamment lorsqu’il adresse au fondateur du site une photo de son fils pour lui signifier que nul n’est à l’abri de sa colère. La Justice est arrivée à la conclusion que l’homme, sous couvert de moralité, est un harceleur.

Début septembre 2020, devant la 45ème chambre correctionnelle du tribunal de Bruxelles, Frédéric Peters est resté fidèle à lui-même. Grand, mince, pâle, volubile et très expressif avec les mains. Calme de prime abord, il déroule son propos, sans exprimer de remord… jusqu’au moment où le président tente de l’interrompre. Il s’énerve alors, change de ton, tient des propos contradictoires. A la fin de l’audience, il profère des menaces à l’encontre de la cour. Rien n’indique qu’il ait compris la gravité de ses actes.

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