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Olivier Bouygues entendu dans une affaire de destruction d’espèces protégées en Sologne

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Olivier Bouygues entendu dans une affaire de destruction d'espèces protégées en Sologne
Olivier Bouygues entendu dans une affaire de destruction d’espèces protégées en Sologne © Juriguide

Le mercredi 9 juillet 2025, sur le domaine de Fontenaille, niché dans les bois d’Ardon, au nord de la Sologne, les autorités ont interpellé plusieurs personnes. Ce vaste territoire de chasse, propriété du milliardaire Olivier Bouygues, est désormais au cœur d’une enquête nationale pour destruction d’espèces protégées. Une série de gardes à vue a débuté, dont celle de Olivier Bouygues lui-même.

Espèces protégées : une opération menée au cœur d’un sanctuaire faussement paisible

Il aura fallu attendre le 4 juin 2025 pour que la gendarmerie et l’Office français de la biodiversité (OFB) percent le secret de Fontenaille. Lors de cette perquisition, ordonnée par le parquet d’Orléans, les agents ont découvert une accumulation choquante de cadavres d’oiseaux appartenant à des espèces protégées. L’enquête, menée sous la direction de la brigade de recherches d’Orléans, évoque une « destruction systématique depuis plusieurs années » selon les mots exacts de la procureure Emmanuelle Bochenek-Puren, citée par France 3 Centre-Val de Loire.

La scène est à peine croyable , un domaine de plus de 90 hectares, transformé en terrain de chasse pour privilégiés, où les règles de préservation de la biodiversité semblent avoir été ignorées avec une constance méthodique. « De nombreux cadavres d’oiseaux sauvages protégés » y ont été mis sous scellés et sont en cours d’analyse afin d’identifier les espèces concernées.

Olivier Bouygues et ses régisseurs visés dans une affaire d’espèces protégées

Le 9 juillet au matin, Olivier Bouygues s’est présenté à la gendarmerie d’Artenay, accompagné de ses avocats. Il a immédiatement été placé en garde à vue. Trois autres personnes, régisseurs ou responsables de l’exploitation du domaine, ont été interpellées en parallèle, dans différents lieux du Loiret. Une cinquième personne a été entendue en audition libre. Ce n’est pas la première secousse judiciaire dans ce dossier.

Dès le 4 juin, lors de la perquisition initiale, quatre autres gardes à vue avaient été ordonnées. L’ensemble s’inscrit dans une procédure pour « destruction d’espèces protégées en bande organisée », chef d’inculpation lourd qui témoigne de la gravité des faits reprochés. Le domaine est exploité par la société agricole Fontenaille, dont Olivier Bouygues détient 99 % du capital. Le pourcent restant est réparti entre son épouse Brigitte et son fils Cyril. Derrière cette structure apparemment familiale, la justice soupçonne un système organisé de braconnage et d’atteinte volontaire à la biodiversité.

Destruction d’espèces protégées : un procès annoncé en mars 2026 pour Olivier Bouygues et ses co-inculpés

La suite judiciaire est déjà amorcée. Selon Le Télégramme du 10 juillet 2025, cinq personnes – dont Olivier Bouygues – seront renvoyées devant le tribunal correctionnel en mars 2026. Les charges sont claires : destruction d’espèces protégées en bande organisée, actes de braconnage et maintien d’un élevage clandestin de sangliers.

Les faits reprochés, s’ils sont confirmés, pourraient exposer les mis en cause à des peines allant jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende, conformément à l’article L. 415-3 du Code de l’environnement. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et d’autres organisations environnementales se sont constituées parties civiles dans cette affaire, espérant obtenir une condamnation exemplaire. Pour ces associations, la présence de prédateurs éliminés systématiquement dans les domaines de chasse n’est pas une anecdote, c’est un symptôme d’un système écocidaire.

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