Le 5 novembre 2025, la France débat d’une grande réforme de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Adoptée par l’Assemblée nationale le 31 octobre 2025, cette réforme fiscale vise à transformer l’IFI en une taxe ciblant les patrimoines dits improductifs. Ce changement divise les spécialistes de l’économie et les professionnels de l’assurance vie, et pourrait bien modifier la manière dont les Français épargnent.
Un nouveau dispositif pour viser les patrimoines improductifs
L’amendement adopté a pour but de taxer les patrimoines considérés comme peu productifs. On parle ici, entre autres, des :
- fonds euros des assurances vie
- voitures de collection
- lingots d’or
- œuvres d’art
- cryptomonnaies
Ces actifs ne participeraient pas assez à la dynamique économique. Par exemple, les fonds euros sont pour la plupart investis dans des obligations d’État. Certains députés estiment que ce placement ne suffit pas à stimuler l’économie.
Cependant, Gérard Bekerman, président de l’Afer, n’est pas d’accord. Il explique que ces fonds contribuent également au financement de l’économie via une part non négligeable d’actions et de dettes d’entreprises. Le cabinet Facts & Figures indique que 10,1 % des fonds euros sont investis en actions.
Des inquiétudes parmi les assureurs et pour l’épargne
Les professionnels de l’assurance craignent que cette réforme n’affecte la manière dont les Français épargnent. Avec près de 20 millions de Français détenteurs de produits d’épargne comme les fonds euros, cette mesure pourrait pousser certains investisseurs à rechercher des placements plus risqués ou même à déplacer leurs avoirs à l’étranger. Gilles Belloir, fondateur de Placement-direct.fr, met en garde contre un possible transfert vers les unités de compte (UC), qui ne seraient pas forcément mieux adaptés pour dynamiser l’économie française.
La réforme arrive alors que le secteur de l’assurance vie est déjà sous pression en raison de la hausse des taux d’intérêt. Une fiscalité supplémentaire risquerait de fragiliser un pilier traditionnel de l’épargne longue en France, reconnu pour son rendement stable et la préservation du capital.
Les modalités de la taxe et les recettes envisagées
Le seuil d’imposition est maintenu à 1,3 million d’euros de patrimoine net taxable, ce qui signifie que les petits épargnants bénéficieront d’une exonération fiscale. La taxe portera uniquement sur les actifs qualifiés d’improductifs, évalués chaque année au 1er janvier. Pour la fraction dépassant ce seuil, le taux s’établira à 1 %.
Par exemple, pour un patrimoine improductif estimé à 2 millions d’euros, le montant à payer serait de 7 000 euros. Cette réforme pourrait rapporter jusqu’à 4 milliards d’euros à l’État, soit près du double des 2,2 milliards d’euros actuellement perçus grâce à l’IFI chaque année, illustrant une augmentation d’impôts.
Perspectives économiques et interrogations
Les effets globaux du nouvel impôt ne sont pas encore clairement définis, faute de chiffrage officiel sur le nombre de foyers touchés et sur la portée fiscale de la mesure. Néanmoins, cette initiative du gouvernement vise à orienter les investissements vers des secteurs jugés plus dynamiques.
Alors que la réforme continue de susciter des débats animés dans le secteur financier français, elle soulève une question majeure : comment marier au mieux taxation et stimulation de la vitalité économique ? Cette réflexion invite chacun à se pencher sur la manière dont nos choix fiscaux pourraient dessiner notre avenir économique collectif.








