Le procès civil d’Elon Musk à San Francisco s’ouvre dans un climat électrique. Avant même d’aborder le fond du dossier lié au rachat de Twitter, la justice fédérale américaine a dû affronter un obstacle inattendu : une vague d’hostilité assumée de la part de nombreux jurés potentiels. Une situation qui complique la sélection du jury et interroge la capacité à juger sereinement une figure aussi polarisante.
Elon Musk : des jurés écartés pour cause de haine affichée envers le milliardaire
Le 19 février 2026, au tribunal fédéral de San Francisco, la sélection du jury dans l’affaire opposant des investisseurs à Elon Musk a rapidement tourné au casse-tête. Selon la page officielle du dossier consultable sur le site de la U.S. District Court, Northern District of California, la séance de sélection a duré 5 heures et 15 minutes. Le vivier initial comptait 93 personnes, d’après SFGATE. Or, près de 40 jurés potentiels ont été écartés parce qu’ils reconnaissaient ne pas pouvoir être impartiaux, selon The Independent. À l’issue de cette longue journée, seuls neuf jurés ont finalement été retenus pour siéger. Le procès doit s’ouvrir le 2 mars 2026 et devrait durer entre deux et trois semaines.
L’hostilité exprimée n’était pas marginale. « Il y a tellement de personnes dans le panel qui le détestent que la situation en devient presque banale », a déclaré Stephen Broome, avocat d’Elon Musk, cité par Fox Business le 23 février 2026. Face à cette réalité, le juge fédéral Charles R. Breyer a dû rappeler les fondamentaux. « quelles que soient vos opinions sur Musk, Twitter ou Tesla, pouvez-vous les mettre de côté pour juger uniquement sur la base des preuves et du droit ? », a-t-il lancé aux candidats jurés, selon Courthouse News Service.
Un procès lié au rachat de Twitter et à des déclarations contestées
Au cœur du litige, le rachat de Twitter en 2022 par Elon Musk pour 44 milliards de dollars, soit environ 40,5 milliards d’euros. Le prix final de l’opération était fixé à 54,20 dollars par action, selon Courthouse News Service. Les plaignants, regroupés dans une action de groupe, reprochent au dirigeant d’avoir violé le droit boursier. D’après la page officielle du tribunal fédéral, l’action concerne les investisseurs ayant vendu des titres Twitter entre le 13 mai 2022 et le 4 octobre 2022.
Le 13 mai 2022, Elon Musk publie un message indiquant que l’accord est « en pause » dans l’attente de précisions sur la proportion de comptes spam, alors estimée à moins de 5 %, selon le même média. Ce jour-là, l’action Twitter recule de plus de 9 %. Quelques jours plus tard, lors d’une conférence, il évoque un niveau d’au moins 20 % de faux comptes. Ces déclarations sont au centre du procès. Les investisseurs estiment qu’elles ont semé le doute, influencé le marché et causé des pertes financières. Elon Musk, lui, conteste toute infraction.
Le défi de l’impartialité dans un climat polarisé
Le problème, toutefois, dépasse la seule question financière. Il touche à l’impartialité même du jury. Or, dans un système accusatoire comme celui des États-Unis, la neutralité des jurés est une pierre angulaire. Selon Courthouse News Service, une partie significative du « voir-dire » – la phase d’interrogatoire des jurés – a porté sur leurs opinions personnelles concernant Elon Musk. Certains candidats ont affiché une franche hostilité. D’autres, à l’inverse, ont exprimé une admiration susceptible d’altérer leur jugement. Les deux profils ont pu être récusés.
Le juge Breyer a même dû rappeler que l’audience n’était « pas un référendum » sur la politique nationale, après que les opinions liées à la présidence américaine ont émergé au fil des échanges, rapporte le même média. « Même si vous avez des opinions fortes sur la présidence, ce n’est pas ici que cela doit s’exprimer », a-t-il précisé.








