Après l’attentat terroriste contre une usine classée Seveso en Isère et deux explosions criminelles sur un site pétrochimique de Berre-l’Etang, lui aussi classé Seveso, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, vient de monter au créneau. Le 17 juillet dernier, elle a annoncé que l’ensemble des installations classées Seveso seront inspectées d’ici à la fin de l’année.

 

 

Seveso, qu’est-ce-que c’est ?

 

« Nous allons mobiliser les 1 300 agents en charge de l’inspection des sites classés pour qu’il y ait une inspection d’ici à la fin septembre. Les installations concernées devront aussi répondre à un questionnaire précis sur les mesures de sécurité et de vigilance qu’elles sont censées mettre en place » a déclaré Ségolène Royal a l’issue d’une réunion de travail avec des représentants d’industriels concernés. Mais, quels sont les sites concernés ?

 

La directive Seveso est une directive européenne qui oblige les Etats membres à identifier les sites industriels présentant des risques d’accidents majeurs. Les établissements sont classés Seveso selon leur aléa technologique, c’est-à-dire la probabilité qu’un phénomène dangereux voit le jour. Il existe deux seuils différents pour classer les sites à risque : le Seveso seuil bas et le Seveso seuil haut.

 

La France abrite 1 171 sites Seveso, où sont stockés ou utilisés des matières dangereuses. Parmi ces 1 171 établissements Seveso, pas moins de 600 sont classés seuil haut et sont donc soumis aux contraintes les plus hautes.

 

Une réponse immédiate aux événements récents

 

                Les mesures ne s’arrêtent pas à l’inspection des sites dangereux, un guide pratique sera également distribué à tous les industriels concernés. Ce guide recensera la liste des points sensibles aux menaces de malveillance et de terrorisme. De plus, la ministre de l’Ecologie a annoncé la tenue d’un « exercice de défense pour avoir un moment fort de répétition, de prévention d’actes éventuels de malveillance ou de terrorisme ».

 

Cela ne fait aucun doute que ce sont les actualités récentes qui ont motivées l’organisation de cette réunion. Le 14 juillet dernier, nous avons pu assister à une double explosion sur le site pétrochimique classé Seveso de LyondellBasell, situé à Berre-l’Etang dans les Bouches-du-Rhône. Cette attaque criminelle avait alors mis en lumière les difficultés de sécuriser les sites industriels à risques.

 

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve était alors directement rentré en contact avec les responsables des sites classés Seveso pour les inciter à effectuer une inspection minutieuse des installations et vérifier les bon fonctionnement de leur système de vidéosurveillance, un outil indispensable pour assurer la sécurité d’établissements à haut risque.

 

 

Les participants à la réunion tenue ce vendredi 17 juillet ont mis en avant les points sensibles tels que les contrôles de l’accès aux sites industriels, notamment pour des entreprises sous-traitantes. C’est d’ailleurs avec un badge d’une entreprise sous-traitante que Yassin Salhi avait pu entrer sur le site Air Products de Saint-Quentin- Fallavier en Isère en juin dernier. Nul doute que les mesures nécessaires vont être prises rapidement pour éviter toute autre attaque de ce genre.