Mardi 7 mai en Birmanie, les deux journalistes de l’agence de presse Reuters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, ont été libérés après une période de détention de 511 jours.

Les deux hommes, âgés de 32 et 28 ans, ont bénéficié d’une amnistie prononcée par Win Myint, le président birman.

Alors que les deux journalistes avaient été reconnus coupables de « violation de secrets d’État » et condamnés à sept ans de prison en septembre 2018, Win Myint a amnistié Wa Lone et Kyaw Soe Oo dans le cadre des grâces qui suivent traditionnellement le nouvel an local, fêté à la mi-avril.

Les avocats des accusés avaient interjeté cette condamnation en appel, qui a été rejeté par la Cour suprême de Birmanie le 23 avril dernier.

Arrêtés fin 2017 après être tombés dans un piège tendu par des policiers, les deux journalistes de l’agence de presse britannique Reuters ont été placés en détention dans la prison d’Insein, située à Rangoun.

Wa Lone et Kyaw Soe Oo menaient une enquête sur la mise à mort de dix paysans appartenant à la communauté Rohingya, par des soldats birmans.

Fin août 2017, cette minorité musulmane avait été la cible de massacres commis par les services de sécurité.

Ainsi, environ 700 000 membres de cette communauté avaient trouvé refuge au Bangladesh.

L’arrestation et la condamnation des deux journalistes par la justice birmane, avait soulevé une vague d’indignation au sein de la communauté internationale.

Pour justifier cette décision, le juge Ye Lwin avait déclaré « nous avons estimé que les coupables ont eu l’intention de nuire aux intérêts de l’État. Ils sont coupables en vertu de la loi sur la protection des secrets d’État ».

Selon les autorités, qui avaient fini par reconnaitre l’exécution des dix paysans rohingya, il s’agissait de « terroristes » appartenant à l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA).

Quelques jours avant la condamnation des deux journalistes, un rapport émis par la commission d’enquête de l’ONU avait été rendu public.

Ce rapport évoquait clairement les responsabilités de l’armée de Birmanie pour ce « génocide » à l’encontre des Rohingya.

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