Mardi 8 janvier, le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) a condamné la journaliste Fanny Pigeaud pour diffamation suite à l’article « Comment le groupe Bolloré a ruiné deux entrepreneurs camerounais ».

Paru en 2016 sur le site de Mediapart, cette enquête relate la ruine de deux associés camerounais ayant fait des affaires avec la Socopao, une filiale de groupe Bolloré.

Dans son reportage, Fanny Pigeaud fait part de « collusion » entre le Bolloré et le pouvoir en place au Cameroun.

Elle s’appuie notamment sur le non-respect d’une décision de la justice locale, prise en 1993, et qui oblige la Socopao à verser des dommages et intérêts à la société des deux entrepreneurs africains.

Ainsi, le tribunal a condamné Fanny Pigeaud, journaliste spécialisée sur l’Afrique, à une amende de 1 500 euros avec sursis.

En outre, le directeur de publication de Mediapart Edwy Plenel a écopé d’une amende de 1 500 euros ferme.

Pour le préjudice d’image, les deux prévenus devront s’acquitter solidairement de 2 000 euros pour chaque partie civile : Bolloré SA, SAS Bolloré et Vincent Bolloré.

Dans ce dossier, onze extraits été mis en cause par la plainte pour diffamation, dont dix devront être supprimés sous peine d’astreinte pour l’article en question, pour diffamation.

Au cours de l’audience du 4 décembre, le ministère public avait dénoncé un article « certes bien fondé, mais plutôt inopportun ».

Le tribunal a dénoncé mardi « le caractère incomplet de l’enquête » « à charge », la pigiste de 44 ans « se devait d’être irréprochable dans son travail d’enquête ».

Edwy Plenel a expliqué « assumer totalement cette publication », qui représente « ce qui se passe sur ce continent » : « le groupe Bolloré est supra-étatique en Afrique. (…) Rien de ce que dit cet article n’est faux ou biaisé ».

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