Mercredi 26 décembre, le juge des référés du tribunal néerlandophone de Bruxelles en Belgique, a ordonné à l’État de mettre en place « toutes les mesures nécessaires et possibles » afin de rapatrier six enfants et les deux mères de Syrie.

Par cette ordonnance, l’État belge dispose d’un délai de quarante jours pour rapatrier les six enfants.

En cas de non-respect du délai imposé par le juge, une astreinte d’un montant de 5 000 euros par jour de retard et pour chaque enfant sera effective.

Par cette ordonnance, le premier ministre Charles Michel et son gouvernement sont pris à défaut sur la politique mise en place pour ce type de situation.

En effet, le gouvernement libéral avait déclaré ne pas s’opposer au retour d’enfants de ressortissants belges partis combattre en Syrie, mais il n’était pas question d’envisager le retour de parents ayant pris part au conflit.

Bouchra Abouallal et Tatiana Wielandt, les deux mères en question, ont été toutes les deux condamnées en début d’année à cinq ans de prison pour leur engagement, dès 2012, aux côtés des terroristes en Syrie.

Le juge, qui s’appuie sur la Convention internationale des droits de l’enfant, interdisant la séparation entre les enfants et les parents, dénonce une politique « manifestement illégale », « contraire aux droits fondamentaux ».

Ainsi, il ordonne à l’État belge « de trouver un accord avec les autorités locales, en particulier les gérants du camp » mais aussi de « faire accompagner les deux mères par des services de police ou de sécurité pour empêcher leur fuite ».

Georges Dallemagne, député Centre démocrate humaniste (CDH, parti chrétien-démocrate) a déclaré : « l’obstacle politique majeur, c’est que les mères sont elles-mêmes considérées comme des menaces potentielles pour la sécurité du pays, qu’elles aient participé au djihad ou qu’elles aient voulu s’échapper ».

Theo Francken, l’ancien secrétaire d’État à l’asile et à l’immigration, de l’Alliance néoflamande (N-VA, un parti nationaliste flamand), a tout de suite réagi sur les réseaux sociaux : « le gouvernement doit faire appel sinon ça va dégénérer ».

L’État peut effectivement interjeter en appel, cependant il n’est pas suspensif.

Les deux femmes, parties à 20 ans avec leurs époux, morts en Syrie en 2014, ont déclaré être prêtres à payer « leur faute », l’important « c’est que (les) enfants soient en sécurité et aillent à l’école ».

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