Le sénateur socialiste Jean-Noël Guérini s’est vu retirer son immunité parlementaire par le Sénat afin que la justice puisse continuer son enquête sur un dossier « à caractère mafieux ». C’est la seconde fois en un an que M. Guérini est confronté à une telle décision du Bureau de la chambre haute.

Le parquet d’Aix-en-Provence avait demandé la levée de l’immunité de M. Guérini le 9 novembre dernier à la Chancellerie. La requête avait été transférée au Sénat le 21 du même mois.  A l’origine de cette demande il y a le juge Charles Duchaine, de Marseille.

Le président du conseil régional des Bouches-du-Rhônes est soupçonné pour « une ou plusieurs raisons plausibles » de corruption passive, trafic d’influence et association de malfaiteurs.

Le Juge Duchaine veut placer M. Guérini en garde à vue pour l’interroger dans cette affaire mais ne prévoit, pour l’instant, « aucune mesure de détention ou de contrôle judiciaire » invoquant en particulier le principe de Présomption d’innocence.

L’affaire est centrée sur des marchés publics remportés « dans des conditions suspectes » par des entreprises dont les gérants et d’autres personnes concernées ont été mis en examen.

C’est aussi le lien de parenté avec Alexandre Guérini, frère du sénateur, qui formait avec Patrick Boudemaghe dirigeant des sociétés en question, et Bernard Barresi,  « malfaiteur notoire », un groupement « permanent » d’après le juge en charge de l’affaire, qui intéresse la justice.

Jean-Noël Guérini, dont le rôle serait « difficile à cerner et surtout à critiquer », aurait systématiquement favorisé les entreprises liées à ce trio « par ses interventions influentes, ses actions ou ses abstentions ».