Un an après l’éviction de Jean-Noël Guérini de la présidence du conseil départementale, des affaires de corruption entachent encore les institutions politiques de la région marseillaise.

La particularité de ce dossier est la connivence entre des formes de délinquance aux antipodes. C’est une surveillance policière autour d’un trafic de stupéfiant entre la N’drangheta, la mafia calabraise, et un trafiquant notoire du milieu phocéen qui a permet de mettre en lumière cette affaire de corruption.

Pendant la perquisition du domicile de Jean-Pascal Battista, l’homme en question, les enquêteurs mettent la main sur une clé USB qui contient plusieurs enregistrements vidéo. Sur un des « films » réalisé au mois de janvier, les protagonistes échangent des propos qui ne laissent planer aucun doute sur un accord de corruption. Celui qui a procédé à cet enregistrement a utilisé une caméra discrète, il a été identifié comme étant Saïd Meliouh, le gérant de la Société marseillaise de travaux (SMT) et de France Entretien, que Jean-Pascal Battista vient de racheter.

Peu après l’enregistrement, Saïd Meliouh a été incarcéré  pour une autre condamnation pour recel en bande organisée par la cour d’appel de Lyon.

Les investigations convergent vers un haut-fonctionnaire, le directeur de la gestion, de l’administration et de la comptabilité de la collectivité territoriale. Renaud Chervet a été placé en garde à vue mardi 24 mai, après les 48 heures, le prévenu a reconnu avoir perçu des sommes en échange de marchés publics d’entretien et de rénovation d’immeuble dans le département devant le juge d’instruction Valery Müller. Il a été écroué par le parquet marseillais pour corruption passive, trafic d’influence, favoritisme et recel, infraction à la législation des armes et blanchiment, le tout en bande organisée.

Au total, cinq individus ont été mis en examen dans le cadre de cette affaire pour corruption, blanchiment et favoritisme.   

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