Le statu quo règne au McDonald’s de Saint-Barthélemy de Marseille au sujet du sort des salariés. Ces derniers attendent que la justice tranche dans un contexte de médiatisation de l’affaire et à la suite de nombreux rebondissements

 

Le McDonald’s de Saint-Barthélemy, situé dans les quartiers nord de Marseille, fait la Une de l’actualité depuis plusieurs mois. Menacé de fermeture, ce restaurant emploie 77 personnes. Il appartenait, au même titre que cinq autres, à un franchisé qui a décidé de s’en séparer. Si Mohammed Abbassi, un autre franchisé, s’est porté acquéreur de ces cinq établissements, il a refusé de reprendre le McDonald’s de Saint-Barthélémy en l’état : ce dernier accuse un déficit chronique de 3,3 millions d’euros depuis 2009. Le McDo de « Saint-Barth » devait devenir une enseigne halal asiatique. Début septembre, la justice interdit la cession du McDonald’s de Saint-Barthélémy à la société Hali Food.

Il faut dire que l’affaire a connu de nombreux rebondissements. Cet été, Kamel Guemari, directeur adjoint du McDonald’s de Saint-Barthélemy et syndicaliste Force Ouvrière, menace de s’immoler et diffuse la vidéo sur les réseaux sociaux. La sénatrice Samia Ghali contribue à débloquer la situation. Mohammed Abbassi fait une nouvelle proposition et propose de maintenir le McDonald’s de Saint-Barthélemy à condition de supprimer les quatre postes de direction du restaurant. L’objectif de l’intéressé étant de faire « une économie de 400 000 euros par an sur la masse salariale, soit autant que la suppression de trente postes de salariés de base ». La seule solution, selon lui, pour rendre viable une enseigne qui va perdre en 2018 « entre 600 et 700 000 euros ».

La proposition est finalement refusée par Maître Ralph Blindauer, l’avocat du comité d’entreprise, qui s’est illustré, par le passé, par des échecs sur des affaires complexes : la défense des « Conti » (plus de mille salariés qui ont perdu leur emploi), le charcutier Jean Lecaby (perte de 232 emplois), TRW (perte de 226 emplois), Kaiser (perte de 95 emplois). Kamel Guemari s’oppose également à la proposition de Mohammed Abbassi : « hors de question d’accepter cette proposition bidon et irrecevable ».

Selon l’avocat, les salariés des cinq autres restaurants cédés s’opposeraient au projet de reprise car leur intégration à l’Union Economique et Sociale (UES) regroupant les restaurants de M. Abbassi signifierait pour eux la perte de nombreux droits acquis. Une fronde qui ne concerne toutefois pas tous les salariés, puisque une délégation des salariés de Mohamed Abbassi, mobilisés le 18 septembre en intersyndicale (FO, CGT, CFTC-CSFV, CFE-CGC), a été reçue par la préfète déléguée à l’égalité des chances, Marie-Emmanuelle Assidon, pour faire entendre ses inquiétudes et son souhait de reprendre rapidement le travail.

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