Les juges ont décidé de mettre en examen l’ANSM, Agence nationale de la santé et du médicament, dans le cadre de l’affaire du Mediator, médicament coupe-faim qui a fait des centaines de morts dans l’hexagone.

Mardi 19 mars dernier, dans le cadre de l’enquête sur le Mediator, les juges ont décidé de mettre en examen l’ANSM pour « homicides et blessures involontaires ». L’Agence aurait, selon les juges, intentionnellement ignoré le fait que le Mediator puisse être dangereux pour la santé des patients entre 1992 et 2009.

On reproche à l’ANSM « d’avoir contribué à créer la situation qui a engendré le dommage des victimes et de n’avoir pas pris les mesures permettant de l’éviter ». Une caution de 100 000 euros à été fixée.

Il a en effet été mis en évidence par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) plusieurs « graves défaillances de pharmacovigilance » de la part de  l’Agence qui ne s’est pas souciée de l’incorporation dans ce médicament de benfluorex, molécule dangereuse pour la santé qui est restée dans le Mediator jusqu’à son retrait du marché en 2009.

Il a été précisé par l’Igas que cette molécule « était sous enquête officieuse depuis mais 1995 puis officielle en mai 1998, compte tenu de sa dangerosité potentielle ». Selon l’Inspection, de nombreuses réunions ont été réalisée pour mettre en garde contre le benfluorex, réunion ignorées par l’Agence.