Fort d’une croissance consolidée, le groupe français Atos se réinvente grâce au digital et au design de ses contrats. Un choix qui s’inscrit dans la tendance de transformation numérique des directions juridiques.

L’entreprise de services du numérique Atos change de peau. À l’occasion de l’« Idéation Sprint » organisée à Paris les 4 et 5 octobre, les juristes, designers, commerciaux, ingénieurs, éditeurs de logiciels et porteurs d’innovation du groupe se sont penchés sur la politique contractuelle d’Atos. L’idée était de se fonder sur l’expérience utilisateur afin d’améliorer ses services, sa pratique contractuelle. Christophe Rebours, PDG de l’agence In Process estimait cette voix comme une ambition pionnière susceptible de marquer l’avenir de cette discipline.

Pour Alexandre Menais, Vice-président exécutif du groupe, l’ambition d’Atos est de poursuivre la transformation de sa direction juridique, conformité et contract managementet de l’adapter à la révolution digitale. Pour mener à bien ce processus collectif d’innovation, Atos s’est reposé sur des partenariats avec le cabinet d’avocats d’affaires Baker McKenzie, l’école de commerce HEC, et les éditeurs de logiciels Seal Software fournisseur de solutions de recherche et d’analyse de contrats et DiliTrust, éditeur de solutions dématérialisées notamment pour les conseils d’administration ou les directions juridiques.

Et cette tendance ne risque pas de s’inverser au vu des ambitions affichées lors de l’«Idéation Sprint». Pour Alexandre Menais, « en mettant l’expérience utilisateur au cœur de ce projet et en utilisant des méthodes de design favorisant la créativité et l’innovation, nous préparons aussi nos collaborateurs au rôle du juriste de demain».

Les directions juridiques en quête d’innovation numérique

Le changement de positionnement d’Atos correspond à un mouvement de fond : celui de la transformation numérique des directions juridiques. C’est aussi le constat posé par le CEO de DiliTrust, Yves Garagnon qui estimait dans une tribune pour l’Opinion que les solutions de gouvernance sécurisées et externalisées sont des marchés à fort potentiel de développement. Les directions juridiques font ainsi face à une « obligation permanente d’intégrer un environnement réglementaire de plus en plus contraignant ». Du côté des directions juridiques, l’attente est forte. Dans une étude publiée en juin 2018 par le cabinet de conseil PwC et intitulée « Digitalisation de la fonction juridique : quelles priorités en 2018 » seules 18% des directions interrogées estimaient être matures sur les enjeux digitaux. L’AFJE, qui a également publié une étude sur la transformation digitale de la fonction juridique, a identifié neuf process impactés par le digital, parmi lesquelles le suivi des sociétés, la gestion des projets, les contentieux et pré-contentieux, la propriété intellectuelle…

En adoptant un nouveau positionnement pour sa direction juridique, Atos semble avoir eu le nez creux. Surtout, elle démontre qu’en tout état de cause, le passage vers une direction juridique 2.0 n’est pas forcément l’ordalie à laquelle on s’attendrait.

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