Le directeur opérationnel de la société Sevrier, Jean-Philippe Seta, risque d'être mis en examen pour «  trafic d'influence, tromperie aggravée et escroquerie à l'assurance-maladie ». Un nouveau rendez-vous judicaire dans l'affaire du Mediator.

A bientôt 60 ans, le pneumologue et dauphin du fondateur de la maison Sevrier Jean-Philippe Seta risque une mise en examen pour “trafic d'influence, tromperie aggravée et escroquerie à l'assurance-maladie”. Elle succédera aux rendez-vous judiciaires de Jacques Servier lui-même, en décembre, et de Christian Bazantay, responsable des montages financiers, il y a quelques semaines. Un nouveau coup dur pour l'entreprise qui subit déjà le coup d'un rapport d'experts accablant concernant le Mediator. L'antidiabétique, aussi vendu comme coupe-faim, a causé entre 220 et 300 décès à court terme, 1.300 à 1.800 à long terme ainsi que quelques 2.000 interventions chirurgicales.

Jean-Philippe Seta avait été désigné par Jacques Servier depuis une dizaine d'années pour lui succéder à la tête de l'entreprise. C'est à lui que les laboratoires doivent leur développement à l'étranger. Il a aujourd'hui la haute main sur des secteurs clés.
Au cours de leurs nombreuses perquisitions, les enquêteurs ont compris que ce cadre était un acteur important de l'affaire. Pour cause, son entregent dans le milieu scientifique et de son rôle dans le groupe. Dès les années 2000, Jean-Philippe Seta a activement participé à la stratégie de positionnement du Mediator. Enfin, en 2011, c'est lui qui, comme le prouve une écoute téléphonique, a demandé à un expert d'intervenir en faveur de Servier dans un rapport sénatorial.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations, et au terme de cette semaine, les principaux dirigeants pourraient être mis en examen. On compte parmi eux Alain Le Ridant, l'ancien pharmacien maison, et Emmanuel Canet, en charge du développement. Jacques Servier lui-même est déjà sous le coup d'une double mise en examen, pour tromperie et escroquerie et pour homicides et blessures involontaires. Le fondateur du groupe, 91 ans, a décliné il y a quelques jours un rendez-vous chez les juges pour des raisons de santé.

Un premier procès du Mediator, intenté par certaines victimes, aura lieu le 21 mai.